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BANQUE DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI

POLITIQUE DE CHANGE

 

REGIME DE TAUX DE CHANGE

En tant que l'un des instruments de la politique monétaire, le taux de change doit pouvoir s'adapter aux besoins de l'économie.

Qu'est-il advenu, à cet égard, le BIF au cours des 40 dernières années ?

  A. Réforme monétaire de février 1965

  La B.R.B. a maintenu jusqu'en février 1965 le régime de taux de change mis en place par la Tutelle belge. Ce régime était basé sur un double taux de change de la monnaie :

•  d'une part un taux officiel de parité du BIF avec le franc belge appliqué aux opérations d'un intérêt économique particulier telles que les exportations, les importations de produits de première nécessité ou les dépenses en devises de l'Etat.

•  d'autre part un taux libre variable suivant des fluctuations du marché des devises, appliqué aux autres transactions.

Face aux graves inconvénients de ce régime, notamment dans le domaine des prix, il devint vite évident qu'une réforme monétaire s'imposait. Aussi, un taux de change unique, à mi-chemin entre l'ancien taux officiel et les cours du marché parallèle, fut-il fixé à 1,75 BIF pour 1 franc belge, le 11 février 1965.

Le franc belge continua cependant à servir de monnaie de référence pour le calcul des cours de change des autres monnaies officiellement cotées jusqu'au 21 avril 1970, date à laquelle le BIF fut rattaché au $US avec la même parité officielle de 87,50 BIF pour un dollar.

B. Crise monétaire internationale des années 1971-1973

  Le Burundi ne put échapper aux conséquences de la crise monétaire internationale qui fut marquée par l'inconvertibilité en or du dollar décidée le 15 août 1971 par les Etats-Unis.

La pratique presque généralisée de taux de change flottants consécutive à cette crise fut à la base de négociations qui aboutirent à l'Accord de Washington du 18 décembre 1971 portant notamment sur une dévaluation de 8,57 p.c. du dollar américain. Le BIF fut maintenu à la parité nominale de 87,50 BIF pour 1 dollar, soit une dévaluation de même ampleur que la monnaie de rattachement.

La nouvelle crise monétaire internationale du début de l'année 1973 qui entraîna à nouveau, une dévaluation du $US de 10 p.c. n'affecta pas la monnaie burundaise. Le Gouvernement décida en effet le 22 février 1973, de maintenir la parité-or du BIF. En conséquence, la parité du franc contre le dollar passa de 87,50 à 78,75 pour 1 $US.

C. Ajustement monétaire du 3 mai 1976

  La nouvelle parité dollar/BIF ainsi fixée fut maintenue pendant trois ans. Une nouvelle parité fut arrêtée au taux central de 90 BIF pour $US à compter du 3 mai 1976, soit à peu près au taux en vigueur avant février 1973. Cette mesure qualifiée d' « ajustement monétaire » répondait à la nécessité de rétablir un taux réaliste du franc par rapport aux monnaies des principaux partenaires commerciaux. La correction du taux de change se justifiait par ailleurs par les ajustements qu'avaient opérés les pays voisins, d'où il résultait des perturbations du commerce frontalier préjudiciables au Burundi.

D. Dévaluation du 23 novembre 1983 et rattachement du BIF au DTS

  La dégradation de la situation économique et financière des années 1982 et 1983 qui se manifesta surtout par d'importants déficits des finances publiques et de la balance des paiements entraînant une diminution inquiétante des réserves de change conduisit à envisager l'adoption d'une politique de stabilisation conjoncturelle. La Banque centrale suggéra alors comme préalable à cette politique la modification du taux de change de la monnaie.

De fait, le 23 novembre 1983, le franc fit l'objet d'une dévaluation de 30 p.c. et fut rattaché au Droit de tirage spécial au taux de 122,7 BIF pour 1 DTS. Eu égard à la hausse continue du dollar vis-à-vis des autres principales monnaies depuis près de quatre ans, le rattachement à cette devise avait en effet induit une importante appréciation du BIF.

E. Assouplissement de la politique du taux de change

Le nouveau taux de change a été maintenu jusqu'au 10 juillet 1986, date à partir de laquelle est intervenue, dans le cadre du P.A.S., une série d'ajustements successifs destinés à corriger progressivement l'appréciation du taux de change effectif réel du BIF par rapport à son niveau de 1980 que l'ajustement de novembre 1983 n'avait pas résorbée.

Le programme de redressement global de l'économie adopté dès le second semestre de 1986 comportait entre autres mesures la mise en ouvre d'une politique du taux de change flexible tendant à mieux refléter la valeur réelle de la monnaie en vue de favoriser l'ajustement de la position extérieure. Ainsi, après une dévaluation de 14,9 p.c. le 15 juillet 1986 (1 DTS = 141 BIF), intervint une série d'ajustements mensuels de moindre ampleur qui se poursuivirent jusqu'en mars 1987et qui ont porté le DTS à 161 BIF.

Les ajustements ont repris le 25 février 1988 avec un premier glissement de 10 p.c. (1 DTS = 177,1 BIF). Ainsi, au 1 er août 1988, la parité DTS/BIF s'établissait à 201 BIF pour 1 DTS.

D'autres ajustements qui sont intervenus ont mené, le BIF jusqu'à 273,1 BIF pour 1DTS en date du 9 août 1991.

F. Rattachement du BIF à un panier de monnaies

  Depuis le 1 er avril 1992, le BIF n'est plus rattaché au DTS. Son cours par rapport à l'USD est déterminé en fonction de l'évolution d'un panier de monnaies (ECU, USD & Yen).

Le BIF a continué à glisser pour s'établir à 261,4057 à fin décembre 1991 pour un DTS.

Les différents ajustements opérés au cours des années 1993 (7 p.c.), 1995 (12 p.c., 1996 (9 p.c.) et 1997 (15 p.c.) ont porté le BIF à 408,4 pour 1 USD le au lieu de 264,4 au 31 décembre 1993.

Par la suite, le BIF a été ajusté de 25,8 p.c. au cours de l'année 1998 et de 9 p.c. en 1999.

En définitive, le cours du BIF s'est établi à 505,2 et à 629,0 BIF pour un USD respectivement au 31 décembre 1998 et au 31 décembre 1999.

G. Instauration d'un régime de double taux de change en novembre 1999

  Le gel de la coopération financière internationale et la baisse des recettes d'exportation constituant des retombées négatives de la crise socio-politique connue au Burundi depuis 1993.

La situation économique difficile caractérisée par le niveau le plus bas des réserves de change suite à la crise socio-politique aggravée par le gel de la coopération financière en novembre 1999 a entraîné l'instauration d'un régime de double taux de change. Ainsi la Banque de la République du Burundi a décidé la mise en place d'un deuxième guichet de vente et d'achat de devises par les banques commerciales.

Les importateurs des produits dits de première nécessité étaient servis au guichet de la B.R.B appelé le premier guichet. Pour les autres produits, les devises étaient achetées auprès des guichets des banques commerciales (ou le deuxième guichet) à un taux librement négocié. Dès lors, les problèmes posés par la gestion des deux guichets nécessitaient une solution appropriée.

H. Réforme du régime de taux de change de juillet 2000

  En vue de corriger les distorsions causées par le système de taux de change multiple et procéder à l'unification des trois taux de change : taux du 1 er et deuxième guichet et du marché parallèle, il fut instauré un marché aux enchères des devises. Les participants à ce marché sont la B.R.B qui vend ainsi que les banques commerciales et les bureaux de change qui achètent .

Au démarrage de ce marché, le 4 juillet 2000, le BIF a été ajusté de 15 p.c. et le taux qui est passé de 653,2 à BIF 753,7 pour 1 USD. Ce marché se tient en principe une fois la semaine. A la clôture de chaque séance d'enchère, il se dégage un taux qui sert de référence pour toutes les transactions.

epuis la mise en place de ce marché, le taux du BIF a fluctué s'établissant à 720,7 ; 830,4 ; 930, 8 et 1 082,6 pour 1 USD respectivement à fin 2000, 2001, 2002 & 2003.